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La méthode traditionnelle au temps des sucres… Pourquoi?

Vous le savez peut-être, la Sucrerie de la Montagne, malgré une érablière de plus de 3000 entailles (!), utilise toujours la méthode traditionnelle pour récolter l’eau d’érable et la transformer en sirop.

Avec toutes les technologies qui existent aujourd’hui pour faciliter la tâche des acériculteurs et diminuer la charge de travail énorme que représente la fabrication du sirop d’érable (sans oublier le fait que cette fabrication coexiste avec la période la plus occupée de l’érablière au niveau de la clientèle), la famille Faucher continue de travailler à l’ancienne.

Plusieurs raisons motivent ce choix…

Le goût

On ne se mentira pas, récolter l’eau d’érable à la chaudière et la faire bouillir dans un évaporateur au bois datant des années 1800, cela a une incidence sur le goût du produit final! Peut-être est-ce le goût qu’a la tradition, l’histoire qui se cache derrière tout ce travail, mais la décision de procéder de manière traditionnelle a un certain rapport avec le goût.

Attention cependant : il ne s’agit pas ici de nostalgie des temps anciens et qui empêche d’aller vers l’avant. Nous sommes certains que Pierre et Stéfan passeraient facilement le test à l’aveugle du goût du sirop de la Sucrerie de la Montagne, si on le comparait à un sirop fait avec les méthodes modernes. Après tout, le sirop coule dans les veines des Faucher depuis plus d’un siècle!

L’hommage aux ancêtres

Ce sont les grands-parents de Pierre qui, les premiers, injectent dans la famille les traditions du temps des sucres. En effet, Napoléon Faucher et Vitaline Lafontaine décident d’installer leur famille à St-Édouard-de-Frampton, en Beauce. Napoléon défrichera lui-même sa terre afin d’y bâtir la maison familiale.

Dans le même élan, le couple décide d’acheter une érablière en 1905 et d’y construire une petite cabane pour évaporer l’eau d’érable… L’histoire familiale est marquée par cette incursion dans le monde des sucres…

Les 8 enfants de Napoléon et Vitaline, dont Jules, père de Pierre, né en 1903, grandiront dans cette tradition du printemps, avec la récolte de l’eau d’érable et la fabrication du sirop, des activités qui gardent la famille « tissée serré », qui permettent d’accueillir le printemps et de profiter du grand air de la forêt québécoise.

Faisons un saut dans le temps pour se retrouver plus de 80 ans plus tard, en 1988, alors que Pierre rachète le domaine familial, la maison ancestrale ainsi que l’érablière. Ayant lui aussi vu ses printemps teintés par le temps des sucres depuis son jeune âge, Pierre considère que poursuivre l’œuvre de son grand-père Jules constitue un hommage aux ancêtres, ceux qui lui ont montré l’importance de respecter la nature et les connaissances de ces sages Amérindiens, lesquels avaient un contact privilégié avec la Terre Mère qui nous nourrit et que l’on a tendance à oublier.

Ce qui deviendra « La Cabane à Pierre », ce sera une érablière bâtie et opérée dans le respect du passé et de l’histoire familiale. Avec la Sucrerie de la Montagne, le souhait de Pierre et Stéfan est de travailler dans le même esprit…

Le plaisir de travailler dans la forêt d’érables

C’est indéniable, pour la famille Faucher, la forêt d’érables est un lieu de ressourcement… Les tubulures et la machinerie complexe disponible aujourd’hui pour produire le sirop, c’est excellent pour diminuer la charge de travail, mais cela ne permet pas de se retrouver au grand air, à travailler dur, à être en contact avec cette nature qui s’éveille tranquillement après un long et dur hiver québécois.

Le travail est physique, certes… La neige qui commence à fondre mouille les bottes, les bas, les pieds… Les changements de température du printemps sont parfois difficiles à tolérer… Mais comment ne pas apprécier ce que la nature nous offre goutte à goutte, quand on a le plaisir d’amasser l’eau d’érable une chaudière à la fois, parmi les 3000 entailles faites sur le domaine?

Comment faire, une fois que le sirop est prêt, pour ne pas DÉ-GUS-TER et AP-PRÉ-CIER, avec délicatesse, finesse et raffinement, le précieux liquide, ce liquide qui, de la sève d’érable au sirop, perd 98% de son volume!

C’est donc dire que pour fabriquer 1 litre de sirop, il faut recueillir 40 litres d’eau d’érable, préalablement entailler chacun des érables, y suspendre la chaudière, préparer le bois et alimenter le feu pendant les heures que dure l’évaporation… On comprend mieux le sens du mot « déguster » quand on a fait tout ce travail…

Transmettre cet art à la prochaine génération

Et il y a cette petite génération qui pousse derrière Pierre et Stéfan, qui profite de la forêt d’érables et qui apprend, année après année, cet art qu’est celui de fabriquer le sirop. Une 5e génération pour qui le printemps sera aussi synonyme de « temps des sucres ». La tradition se transmet en montrant le travail nécessaire à obtenir la récompense que constitue le sirop, et Rose et Justine, les filles de Stéfan, y contribuent à leur manière au fur et à mesure qu’elles grandissent…

Pour le grand-papa et le papa, transmettre ce savoir aux deux jeunes filles n’a pas de prix et constitue des moments toujours privilégiés.

Cette année marque la 112e année de cette tradition printanière dans la famille Faucher, et la méthode de récolte et de production se perpétuera sûrement pendant encore de nombreuses années.

Bon temps des sucres!

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